En permaculture, quand nous désirons cultiver, ce que nous recherchons avant toute chose, c’est créer ou restaurer un sol vivant. Et nous prenons bien souvent en exemple, et à juste titre, le sol forestier.

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En effet, la forêt a mis en place plusieurs stratégies efficaces pour se créer un sol fertile et autosuffisant toute l’année. Celle qui nous intéresse pour cet article est la litière permanente. Dans ce biotope, tout ce qui se retrouve au sol est recyclé pour créer de l’humus. Feuilles mortes, fruits tombés des arbres, bogues, déjections des animaux, branchages, cadavres… Tout est transformé par la faune et organismes décomposeurs. Et l’humus une fois formé libèrera de l’azote et des sels minéraux indispensables à la croissance des plantes.

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Alors comment copier ce schéma quand on pars d’un sol enherbé et tassé ?                   

Tout simplement en s’inspirant de cette technique millénaire. Aussi simple que ça !

Premièrement, ne vous cassez pas le dos à vouloir scalper la pelouse et retourner votre sol. Si vous trouvez que votre sol est vraiment très tassé, vous pouvez à la limite passer un coup de grelinette, qui viendra juste aérer le sol, sans le détériorer.

Deuxièmement, collectez un maximum de matières organiques :

  • Des feuilles mortes, que l’on peut trouver en grande quantité un peu partout.

  • Du bois en décomposition. On va plutôt choisir du bois décomposé par des organismes qui s’attaquent d’abord à la lignine et qui laissent  la cellulose (voir la photo plus bas).

  • Des déchets organiques, que vous pouvez ramasser pendant vos promenades en campagne ou forêt (bogues, coquilles de noix, champignons en décomposition…).

  • Des déchets de votre jardin (fanes de légumes, tonte…).

  • Des déchets de cuisine (épluchures de légumes et fruits…).

  • De la paille, du foin ou de la tonte. Non traitée, cela va de soi.

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Troisièmement, passez à l’action :

  1. Mettez les feuilles mortes, le bois en décomposition et les déchets organiques collectés dans la nature, à même le sol.

  2. Recouvrez le tout de paille, entre 10 et 15 centimètres d’épaisseur.

  3. Créez des puits de compost. Faîtes des trous dans la paille, jusqu’à la couche de feuilles/bois et mettez-y les déchets organiques de jardin et de cuisine.

  4. Option : Vous pouvez mettre du bois en bordure et des pierres sur le dessus (ou des tas aux extrémités). Pour attirer un maximum de faune au plus près de la parcelle. Les pierres sur le dessus, vous serviront également à éviter que la couche de paille s’envole, en cette saison de grands vents.

  5. Attendez jusqu’au printemps, laissez la nature faire son oeuvre.

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Au printemps, si la matière n’est pas encore suffisamment décomposée, enlevez la paille et rajoutez une couche de compost mature ou de terreau de forêt. Ne laissez jamais la terre nue, même quand vous semez. Il faut toujours mettre une légère couche de paillage, pour éviter la mort des organismes arrivés sur place et tuer votre sol vivant naissant. L’herbe devrait elle, être complètement digérée.

La période idéale pour réaliser la préparation du sol d’une nouvelle parcelle, se situe entre septembre et fin novembre. Cela laisse le temps à la matière de bien se décomposer, avec l’aide des pluies de l’hiver et à la faune de s’installer avant les premières plantations.

Vous pouvez visionner une vidéo explicative ici :

Bon jardinage !