Le sol est un écosystème complexe et vivant, pourtant mal connu. Nous ne connaissons que très peu ce qui se trouve sous nos pieds.
Sa microbiologie naturelle est riche, malheureusement les pratiques agricoles les plus répandues vont à l’encontre de sa nature et la tuent à petit feu.
Le sol est notre support de vie et de culture. Nous y bâtissons nos maisons, nos routes, nos infrastructures. Nous y plantons nos plantes, pour pouvoir nous nourrir. Et depuis des années, nous l’épuisons, nous l’empoisonnons.
En permaculture, nous avons pour vocation de restaurer et créer du sol vivant. Ceci, en nous inspirant de la nature, et plus particulièrement du sol forestier. Nous faisons tout pour le connaître, lui et sa faune, grâce à l’observation.
Prendre soin de la terre, est le premier point de l’éthique de la Permaculture.
Apprenons donc à mieux connaître le sol et le préserver.

 

Le sol se forme grâce à la dégradation de la roche-mère et à la décomposition de la matière organique.
Il composé de plusieurs strates :
– La Litière :
Dans la nature, vous ne verrez jamais de sol nu, il y a toujours une couverture permanente. Dans la forêt, cette couverture est appelée litière. Elle est composée de toute la matière organique, qui se dépose au sol. Les feuilles mortes, tombées des arbres et des arbustes, forment un beau tapis, qui protégera le sol des U.V du soleil. Elles offriront le gîte et le couvert à une petite faune et à des micro-organismes. Les champignons vont décomposer les feuilles et créer ce qu’on appelle la pourriture blanche.
Le bois mort, branchages et troncs, nourrira les champignons saprophytes, les cloportes, les ilules, les mille-pattes… On peut parfois apercevoir les galeries de ces insectes, dans le bois en décomposition.
Les végétaux, carpophores et fruits en décomposition, seront les mets des limaces, colomboles, trombidions, oribates… et des vers épigés. Egalement appelés vers de compost ou vers de surface, les épigés se rencontrent sous la litière. Vous les verrez dans la terre, lorsqu’il fait très chaud ou très froid. Très petits et très fins, ils se multiplient rapidement, car ils subissent une forte prédation.
Les excréments et les cadavres des animaux et insectes, contribuent également à la fertilisation du sol. Le bousier, de la famille des scarabées, fait des boules avec les excréments, qu’il déplace jusqu’à son terrier. Il utilise la matière fécale autant pour créer son abri, que pour se nourrir.
Toute la matière en décomposition est digérée par la faune décompositrice et par des micro-organismes, afin de créer et fertiliser l’étage du dessous.

  • La couche arable :
    Appelé également humus ou terre végétale, c’est la strate la plus fertile du sol. Dans un gramme de terre végétale, à la microbiologie préservée, on trouve un milliard de bactéries, entre 5 et 25 000 espèces.
    A cette étage, se trouve la plus grosse partie de la rhizosphère, le système racinaire des plantes. Ces racines, en s’ancrant dans la terre, participent à la résilience du sol et à la résistance de l’érosion. En échange, elles vont y trouver des éléments nutritifs nécessaires à la bonne santé de la plante. Pour ce qui lui manque, les racines vont appeler, par le biais de gaz, certaines bactéries, le système mycellaire le plus proche, et des relations symbiotiques vont se mettre en place. Je vous en parlerai plus en détails dans un prochain article.
    En dehors des champignons et des bactéries, les vers endogés logent dans la couche arable. Appelés également, les laboureurs du sol, ces vers de taille moyenne creusent des galeries horizontales, peu profondes. Ils se nourrissent de terre, mélangée à de la matière organique. Ils ne viennent jamais à la surface du sol, vivant exclusivement dans la terre. Les endogés représentent 20 à 50 % de la biomasse des terres fertiles.

  • L’horizon pédologique :
    Formé grâce au lessivage des couches d’au-dessus et de l’altération de la roche-mère. Dans cette strate, beaucoup moins de vie, mais nous y trouvons les vers anéciques. Ils créent et vivent dans des galeries verticales. Ces vers viennent s’approvisionner en nourriture à la surface, dans la litière, tout en restant, par prudence, accrochés par la queue à l’entrée de leurs terriers.
    Les feuilles et les débris végétaux sont dégustés avec de la terre. Une fois digérés, ils sont déféqués à la surface par les anéciques, formant de petites spirales qu’on nomme turricules. Ces turricules sont très fertiles et contiennent parfois des graines en dormance, qui au contact de l’air et du soleil vont pouvoir germer.
    Les anéciques représentent 80 pour cent de la masse totale des lombrics.

  • La roche-mère :
    C’est de la roche sédimentaire non altérée riche en matière organique. Cette matière organique, grâce à l’enfouissement des sédiments, et avec une température adéquate, se transforme en hydrocarbures.
    Si les hydrocarbures restent à l’intérieur de la roche, ils forment les argiles bitumeux, gaz de schiste ou pétrole de roche-mère.
    Si ils sont expulsés et piégés dans un réservoir, il s’agit d’hydrocarbures conventionnels ou de sable bitumeux.

Notre voyage souterrain s’arrête ici.
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