Le compostage est une méthode qui sert, dans un premier temps, à valoriser certains de nos déchets. Nous sommes dans une société qui produit énormément de déchets, pourtant bon nombre d’entre eux sont compostables.
Le compost sert également à amender son sol, avec une matière humifère saine et nutritive. Il nourrit la terre et les plantes.

Compost mûr


Nous pouvons, comme je le disais plus haut, composter un grand nombre de matières organiques :
– Les déchets de cuisine
– Le carton
– Le papier
– Les feuilles mortes
– Les branchages
– Le mulch (déchets de tonte)
– Les fânes de légumes
– Le marc à café et les filtres
– Les fientes du poulailler
– Le broyat
– La sciure
– Les copeaux de bois
– Les coquilles de noix, noisettes…
– La paille
– Le foin
– Les poils
– La laine
– Les cheveux
– Les plumes
– La litière biodégradable des chats (…)

Du déchet au compost.

Le compostage à froid est la manière de composter  qui se rapproche le plus de ce qui se passe dans la nature. Le compostage de surface, comme la litière de forêt,  décompose la matière organique qui se dépose par couche sur le sol, avec l’aide des organismes décomposeurs.
Cette technique nécessite beaucoup d’entretien, à contrario du compostage à chaud, gourmand en eau, retournage et surveillance.
La décomposition à froid est par contre un peu plus lente, entre 6 mois et un an selon la matière organique à décomposer.

La méthode des 3 bacs nécessite comme son nom l’indique, 3 bacs, de préférence en bois et se déroule en 3 étapes.
Les bacs doivent être ouverts sur le dessus pour bénéficier de l’air et de l’eau, et sans fond pour être en contact avec la terre. La zone de compostage doit se trouver à l’ombre.

Le premier bac s’appelle bac d’apport. C’est dans celui ci que vous allez mettre votre matière organique « fraiche ». On va mélanger cette matière, à peu près à la moitié du remplissage du bac.
Une fois le bac d’apport rempli, on va le transvaser dans le premier bac de maturation. Pendant 6 mois, nous n’allons pas toucher à cette matière. De préférence, il faut couvrir le compost avec de la paille ou du foin, pour qu’il garde son humidité. Pendant ce temps, vous pouvez bien sûr continuer de remplir votre bac d’apport.
Une fois les 6 mois écoulés, nous allons transvaser notre premier bac de maturation dans un second bac de maturation. Il n’est pas obligatoire de retourner avant le transvasage.
Il va encore falloir attendre entre 6 mois et un an avant de pouvoir commencer à utiliser le compost mûr. Si vous mettez dans votre compost de la viande, des produits non biologiques ou des excréments humains, il faudra attendre entre un an et deux ans.

3 bacs

Cette méthode s’inspire du compostage en tas, les bacs ne servent qu’à structurer la zone de compostage.
On va créer notre tas, dans le bac d’apport, par couches, comme un mille-feuille.
Nous allons mettre une couche de matières azotées (vertes ou mouillées, puis une couche de matières carbonées (brunes ou sèches), et ainsi de suite jusqu’à que notre bac soit suffisamment rempli.
Voici une liste de quelques matières dîtes azotées :
– Les déchets de cuisine
– Le mulch
– Les fânes de légumes
– Les feuilles de thé et de tisanes
– Les plantes sauvages
– Les déchets de taille de haies (même si il y a un peu de lignine)

Et une liste de quelques matières carbonées :
– Les feuilles mortes
– Les branchages
– Le broyat
– La sciure
– Les copeaux
– Le marc de café et les filtres
– Les coques et coquilles
– La paille
– Le foin
– Le papier
– Le carton

Dans notre compost, nous allons chercher le bon équilibre entre le carbone et l’azote.
Il faut entre 20 et 30 fois plus de carbone que d’azote pour avoir un bon dosage.
Attention, cela ne veut pas dire qu’il faut 20 à 30 fois plus de matière carbonée que de matière azotée. Chaque matière à une dose de carbone et d’azote, il s’agit de sa composition chimique. Les matières plus riches en carbone sont plus longues à se décomposer, mais les matières azotées vont les aider dans cette décomposition.
Pour être sûr d’avoir un bon rapport, il faut un volume de matières carbonées pour deux volumes de matières azotées.
C’est un bon repaire pour s’y retrouver.

Bon dosage.

Le compost est riche en biodiversité et recèle une vrai vie qui l’aide à la décomposition et à la fertilisation.
Les micro-organismes :
– Les bactéries : Filamenteuses, elles sont là tout le long du processus de décomposition. Elles supportent aisément les températures élevées et ont la capacité de se multiplier très rapidement.

  • Les champignons : Ils vont aider à décomposer ce qui résiste aux bactéries. N’aimant pas la chaleur dépassant les 50 degrés, on va les retrouver principalement proches des bordures du compost. Des carpophores peuvent parfois apparaître. Ils ont la capacité de décomposer des matières très sèches.

  • Les actinomycètes : Ce sont des sortes de bactéries, également filamenteuses. Elles agissent vers la fin du processus de décomposition. Elles se multiplient beaucoup moins vite, mais elles s’attaquent aux matériaux les plus résistants (cellulose, lignine).

Nous allons également retrouver au sein du compost des algues, des virus et des protozoaires.

Les macro-organismes :
– Les vers épigés
– Les collomboles
– Les acariens
– Les myriapodes (mille-pattes, ilules…)
– Les gastéropodes (escargots, limaces…)
– Les cloportes
– Les larves de Cétoines dorées
– Les larves d’Hannetons
– Les larves des Mouches du soldat

L’humidité est très importante quand on composte. L’intérêt de ne pas avoir de couvercle sur son bac, c’est de profiter des eaux de pluie, directement.
Il faut avoir un taux d’humidité entre 50 et 60 pour cent pour un bon compostage à froid. Le compost mûr, au toucher, doit être frais, ne doit pas être détrempé ou créer du jus. La paille sur le dessus, permet de garder l’humidité très facilement et nous allons arroser uniquement en cas de sécheresse prolongée.
Parfois, si il est trop sec, c’est juste que le compost est trop riche en matières carbonées. Faire un apport de matières azotées permettra de lui rapporter de l’humidité.

L’air est également un facteur important de la bonne réalisation d’un compost.
Avoir des bacs ouverts permet aussi une bonne circulation de l’air. Retourner et transvaser le compost va aussi lui apporter une bonne aération. La faune à aussi un rôle à jouer, notamment les vers qui brassent et créent des galeries.

Le compost, une fois mûr, va apporter beaucoup de bienfaits à votre sol :
– Amélioration de sa structure et ameublissement, facilitant la pénétration des racines.
– Une meilleure perméabilité de l’eau et de l’air.
– Une meilleure rétention d’eau.
– Apporte des substances nutritives et fertiles.
– Evite ou corrige l’acidité du sol.
– Apporte de la biodiversité et augmente l’activité biologique du sol.
– Limite les développements pathogènes.
– Favorise les relations symbiotiques.

La bonne période pour amender votre sol en compost est l’automne ou la sortie de l’hiver.
On va soit épandre le compost mûr directement sur le sol ou alors légèrement l’enfouir.
On peut également tamiser le compost pour nos semis en godets, pour éviter d’avoir trop de résidus de branchage, racines…
On peut aussi utiliser notre compost ponctuellement tout le long de de l’année quand nous faisons des plantations.

Tamisage du compost.

J’espère que cet article vous aura apporté les bases nécessaires pour vous lancer dans la grande aventure du compostage.
Pour compléter cet article, voici une vidéo, qui résume tout cela en images :