En permaculture, l’observation est une phase clé ! C’est à 80 % grâce elle que vous aurez un design très efficace.
Alors comment s’y prendre ? Et bien juste en apprenant à lire le paysage d’un lieu.
La lecture du paysage vous donnera des indications capitales pour la bonne réalisation de votre projet.
Elle vous révèlera des indicateurs très précieux pour vous aider à conduire votre lieu en Permaculture.


Plusieurs points sont importants à observer, pour effectuer une lecture du paysage optimale :
– Le type de lieu.
– La topographie.
– L’exposition.
– La flore spontanée ou déjà implantée.
– La faune sauvage.
– Les traces d’anciennes présences humaines.
– L’eau.
– Le vent.
– Les bordures.
L’observation de tous ces éléments vous donnera un aperçu global des ressources, des points forts, des points faibles et du potentiel de l’endroit que vous voulez transformer en Permaculture.

Le type de lieu :
Il existe plusieurs biotopes, avec chacun ses spécificités.
Cela peut être un jardin classique, une prairie sauvage, un ancien champ cultivé,  un verger, un bois, une zone humide…
Chaque type de lieux va avoir ses particularités endémiques et ses points de repères.
Si vous apprenez à bien faire la différence entre chaque écosystème et à bien les connaître, vous aurez un bon œil aiguisé pour repérer les indicateurs d’un lieu.
Vous pouvez également vous entraîner sur le terrain, lors de vos balades dans la nature, en reportant toutes vos découvertes, vos ressentis. La compréhension d’un système est tout de même importante, je vous invite donc à vous documenter sur les écosystèmes des différents patterns que l’on retrouve dans la nature.
Voici quelques pistes d’informations :
Ecosystème forestier.
Ecosystème des prairies.
Comparaison forêt/champs cultivés.
Les zones humides.

La topographie :
Vous allez analyser les reliefs du terrain :
– Les zones plates
– Les pentes
– Les creux
– Les bosses
– Les vallées
Toutes ces informations vous aideront pour vos plans de culture et pour la gestion des flux, notamment pour la gestion de l’eau.
Par exemple, le bas des pentes recevra plus d’humidité, tandis que la partie convexe sera plus exposée au vent à l’érosion.
Les combes font être favorables aux poches de froids, gelées précoces et tardives.
Chaque relief apporte son lot d’avantages à exploiter et d’inconvénients à modifier.

L’exposition :
Vous allez observer, à chaque saison et à chaque tranche de journée, l’ensoleillement sur le terrain, les zones d’ombres, la courbe du soleil en hiver et en été.
Le soleil est une énergie que l’on peut utiliser à bon escient pour nos cultures, en plantant les plantes adaptées, mais aussi pour notre autonomie (serre passive, four solaire, séchoir solaire, piège à soleil…)
Il joue donc un rôle important dans vos designs.
L’ombre est tout aussi importante, car certaines plantes n’aiment pas du tout le plein soleil. Elle peut également aider à cultiver des champignons, à créer des lieux de détente au cœur de l’été, protéger les animaux des grandes chaleurs…


La flore spontanée ou déjà implantée :
Chaque biotope à sa flore assimilée, qui peut vous donner des indications sur le lieu, comme par exemple, les plantes bio-indicatrices.
En effet, certaines plantes, si elles apparaissent en grande quantité sur un lieu, nous donnent des indications sur l’état du sol dans lequel elles ont poussées.
Voici quelques exemples :
– Sol équilibré : Mourons des oiseaux, plantain lancéolé, luzerne tachetée, grande oseille.
– Excès de calcaire (Ph entre 7 et 9) : Réséda jaune, helminitie.
– Sol décalcifié (Ph entre 4 et 5,5) : Bruyère, bouleau, genêt.
– Sol trop riche en carbone (stade pré-forestier): Ronce, églantiers, pruneliers, aubépine, lierre,
garance, géranium robert.
– Sol trop riche en azote et potasse : Rumex, liseron des haies, géranium à feuilles rondes.
– Sol riche en argile : Ail, oignon et poireaux sauvages, fétuque à feuilles de roseaux, marials vivaces.
– Sol sablonneux : Petite oseille, soucis des champs, spergule des champs.
– Sol trop engorgé : Jonc, épilobe, liseron des haies.
Si le lieu a déjà été cultivé, vous allez recenser les espèces présentes.

La faune sauvage :
Même dans un jardin classique la faune sauvage est présente.
Que ce soient les insectes terrestres, les insectes volants, les oiseaux, les hérissons…
En campagne, vous pourrez voir encore plus de biodiversité, des rongeurs, des batraciens, des rapaces, des lagomorphes (lapin, lièvre…), des cervidés, des sangliers, des renards…
Autant il assez simple d’observer des oiseaux et des insectes, autant il est plus difficile d’apercevoir la faune un peu plus grosse. Cependant, celle ci donne des indices de son passage : terriers, trous, coulées,
niches, excréments, empreintes, terre retournée…
L’observation de la faune demande beaucoup de patience et de calme, mais il est important d’avoir des données sur la biocénose de votre lieu.
Chaque biotope à sa faune compagne, donc en connaissant les habitants types, vous saurez reconnaître leurs signaux.
Un peu de documentation, pour approfondir le sujet :
Animaux des forêts.
Patrimoine faunistique.

Les traces d’anciennes présences humaines :
De nos jours, rares sont les lieux vierges d’occupations humaines, dans un passé proche ou lointain.
Il n’est pas rare de retrouver des traces de ces présences : des vieux outils, des véhicules, d’anciennes bâtisses, des ruines, des puits abandonnés, des fours à pain délabrés ou envahis par la végétation…
Ces indications peuvent vous donner une idée de la vie que ces gens menaient sur place.
Pour aller encore plus loin, vous pouvez faire des enquêtes de voisinage, faire des recherches dans les archives de votre ville et même organiser des fouilles archéologiques.

L’eau :
L’eau est une ressource très précieuse, c’est pourquoi il est important de voir sa gestion naturelle sur le lieu. Vous devrez regarder dans un premier temps si il y a des points d’eaux existants, naturels ou non :
mare, puits, bassin, récupérateur, étang, rivière…
Vous allez devoir également observer comment se comporte l’eau sur le terrain :
– Est ce qu’elle s’infiltre bien ?
– Est ce qu’elle ruisselle vers le bas du terrain ?
– Est ce qu’elle créer des flaques ?
– Est ce que le sol garde bien son humidité ?
Toutes les réponses à ces questions vont vous permettre de mettre un plan de gestion et des stratégies pour bien gérer ces flux.

Le vent :
En voilà une autre ressource naturelle qu’il est important de bien connaître.
Dans un premier temps, vous allez observer comment le vent se déplace sur le lieu, noter les endroits abrités, les zones les plus exposées, les couloirs et les vents dominants d’hiver et d’été.
L’apprentissage de ces indications vous permettra de mettre le vent au service de votre design.
Vous pourrez planter des haies brise vent, là où vous désirez créer des espaces abrités, mettre en place des micro-climats, réaliser des couloirs d’aérations, mais également utiliser cette énergie pour agrader votre autonomie (éolienne, piège à vent…).


Les bordures :
Dans la nature les bordures sont la rencontre entre deux écosystèmes, on les appelle des écotones.
Cette rencontre créer un boom de biodiversité.
Il est donc primordial de ne pas oublier l’observation des bordures et de s’arrêter à son seuil.
Vous allez y découvrir une biocénose très riche, qui vous donnera également des indications importantes pour votre design.
Dans un jardin classique, les bordures sont généralement des haies, dans ces haies vous remarquerez la présence d’oiseaux, d’insectes, de petites faunes et de certaines plantes qui recherchent la fraicheur à leur pied.
Dans la campagne ou la nature, les bordures sont plus variées et complexes.

Vous l’aurez compris, savoir lire le paysage et connaître les écosystèmes ne peut être qu’un avantage pour la réalisation et la conduite d’un projet en Permaculture.
Je vous invite à vous exercer souvent, lors de vos balades en nature ou même dans votre propre jardin.
Vous y ferez des rencontres excitantes et vous y apprendrez des choses passionnantes.
Plus vous prendrez l’habitude d’observer et d’analyser, plus vous aurez un œil aiguisé et une connaissance du monde vivant.

Voici une vidéo pour illustrer cet article :